Cherpines: tout est à (re)construire
Demain Confignon, qui s’est associé au référendum contre un PLQ d’ensemble des Cherpines, se félicite du verdict de la population, exprimée le 8 mars 2026. Il montre que les habitants et habitantes de Confignon refusent un projet mal ficelé, non financé et qui menace tant la cohésion de la commune que sa qualité de vie.
Demain Confignon se réjouit du résultat du référendum que le groupement citoyen a soutenu massivement. Le refus massif – près de 65% avec un taux de participation record de plus de 63% – du préavis communal sur le PLQ d’ensemble des Cherpines montre que la population de Confignon n’est pas prête à signer un chèque en blanc pour soutenir le développement cantonal sur son territoire. Ce « NON » est le rejet d’un projet mal ficelé, inabouti, non financé et qui menace tant la cohésion de la commune que sa qualité de vie. Pour Demain Confignon, il contraint le canton à revoir sa politique d’aménagement pour respecter la volonté populaire.
Les partisans du «OUI» ont tenté de jouer sur la peur, à coup de citations imaginaires, de contre-vérités et d’affirmations erronées. Ils ont notamment fait croire à tort que le projet était financé et que le canton avait donné des garanties. Cependant les échanges récents entre la commune et le Conseil d’État, que Demain Confignon a rendus publics, ont prouvé que les promesses de subventions n’étaient que des intentions sans base légale confirmée, portants sur des sommes insuffisantes et avec des risques substantiels que le Grand Conseil ne les approuve pas.
Le rejet de ce PLQ d’ensemble montre que la population refuse une surdensification au mépris de la cohésion sociale et de la protection de l’environnement, notamment du vallon de l’Aire. Les partisans ont échoué à démontrer comment une telle concentration de logements pourrait offrir une qualité de vie décente sans infrastructures de transport et scolaires adéquates
Pas de Cherpines sans financement cantonal
Ce «NON» n’est pas un refus de construire, mais l’exigence d’un meilleur projet. Il donne toutes les cartes en main à la commune pour négocier avec le canton la réalisation de ce projet cantonal soutenant l’immigration économique. Il s’agit d’abord d’obtenir les financements et prêts nécessaires pour ce projet cantonal d’envergure majeure, sans augmenter les impôts pour les habitants actuels et sans anéantir la capacité de la commune à mener ses autres projets. À commencer par le développement du quartier intergénérationnel du Vuillonnex, qui prévoit 270 logements destinés prioritairement aux habitants de Confignon. Il s’agira ensuite de continuer à défendre le respect de la densité initialement prévue en 2011, un plan de mobilité à l’échelle de la commune, des infrastructures scolaires pour tous les niveaux, y compris le cycle d’orientation, la biodiversité du vallon de l’Aire et un planificateur financier réaliste qui tient non seulement compte des investissements, mais également des frais de fonctionnement
Les Cherpines pour qui?
Confignon ne construit pas les Cherpines pour ses enfants. Confignon ne construit pas les Cherpines pour ses habitants. Comme dans le reste du pays, nous avons 1,3 enfant par femme. Nous sommes 4587 habitants et habitantes aujourd’hui à Confignon, nous ne construisons pas 2400 logements – soit un potentiel d’environ 6000 personnes – à l’horizon 2035 pour notre progéniture. Il ne faut pas se mentir. L’objectif du Canton qui a demandé le déclassement de ces terres agricoles – refusé en 2011 par une majorité de la population à Confignon – a toujours été clair : la prospérité du canton implique une attractivité qui dépasse les frontières de notre commune, de notre canton, de notre pays. Et cette population, il faut bien la loger. Dans des immeubles de dix étages que nous construirons aux Cherpines
Confignon est une commune modeste qui pense à ses enfants et à sa population en construisant notamment le quartier intergénérationnel du Vuillonnex, 270 logements – assez pour nous et nos enfants. À mesure que nos enfants grandiront, on peut espérer qu’ils iront voir du pays, qu’ils découvriront le monde et qu’ils mèneront leur vie sans préjuger de qui ils rencontreront sur leur chemin et où ils choisiront de s’établir. Et à mesure que nos enfants grandiront, nous vieillirons. Et, si nos enfants ont la chance d’habiter à Confignon, ils auront le fardeau de payer pour les Cherpines.
Anne-Muriel Brouet, conseillère municipale, Tribune de Genève, 14 février 2026
Quartier des Cherpines : essayons l’ignorance
On apprend dans la presse qu’à Genève, 58 classes du cycle d’orientation, soit un cycle neuf de 900 élèves, se trouvent aujourd’hui dans des pavillons provisoires. Face à cette situation dramatique, les différents acteurs se renvoient la balle dans des échanges dignes de Roger Federer dans ses meilleurs jours. Mais, ici, le spectacle ne réjouit ni les élèves, ni les parents, ni les enseignantes et enseignants. Il révèle un manque de planification préjudiciable pour la formation et la connaissance dont on a tellement besoin aujourd’hui.
Il manquerait notamment de terrain ? Dans le futur quartier des Cherpines, on va construire des logements pour 10’000 personnes sur de la terre agricole déclassée. Sans cycle d’orientation. Et à ce jour, sans garantie d’une école primaire sur la parcelle de Confignon : la commune étant dans l’incapacité financière de l’assumer et le canton dans l’impossibilité de s’engager au-delà des promesses. Tant que le futur quartier des Cherpines ne pourra pas offrir aux enfants du canton une formation dans des conditions décentes, il convient de revoir le PLQ d’ensemble des Cherpines.
